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SECHERESSE !

Les pêcheurs de tanches devront s'y résoudre. D'ailleurs, les amateurs d'écrevisses aussi. Malgré l'aspect accueillant du site et ses débuts de plages, la retenue du Lizet n'a rien d'un plan d'eau destiné à l'aqualudisme de plein air. Et encore moins à la friture de brochets. Si ce barrage de près de trois millions de mètres cubes d'eau a été construit ici, sur les hauteurs de Montesquiou, c'est avant tout pour répondre à un constat sans appel : le déficit en équipement de gestion de l'eau. Un dossier qui, avec la canicule et la sécheresse record de l'été dernier, a révélé sans détour l'étendue de la fragilité hydrique du département. Une faiblesse estimée quand même à 53 millions de mètres cubes d'eau. Une situation qui n'a certes rien d'une nouveauté mais qui, dans un environement aussi rural que le Gers, pose néanmoins un problème de taille. Sans compter qu'à cette question de l'irrigation s'ajoute celle, tout aussi importante, de la salubrité publique. Une double problématique qui compte désormais deux soutiens de plus. Celui du Lizet donc, et celui de Saint-Laurent-sur-l'Auzoue. Une installation de 1,2 million de mètres cubes d'eau également mise en service ces dernières semaines.


Oxygène. Toutefois, si ces deux barrages ne règleront pas à eux seuls la question de l'eau dans le département, ils n'en constituent pas moins une véritable bouffée d'oxygène. En effet, en alimentant le petit ruisseau du Lizet, cette retenue approvisionne surtout par ce biais la rivière de l'Osse, qui dessert pas moins de 59 communes dont cinq situées dans le Lot-et-Garonne. Un détail qui illustre en partie toute la complexité de ces questions liées à la dépendance de l'eau. Car, en la matière, les uns dépendent aussi des autres. Et vice et versa.
Voilà pourquoi, hier, pour l'inauguration de ce barrage du Lizet, les politiques gersois avaient pris la peine d'inviter le président UMP du Conseil général du Lot-et-Garonne, Michel Diefenbacher, et son homologue des Hautes-Pyrénées, le PRG François Fortassin. Une présence saluée par Philippe Martin, le patron de l'exécutif gersois : « ils témoignent que le réservoir du Lizet, comme celui de Saint-Laurent, est bien une préoccupation interdépartementale et même interrégionale. En matière de politique de l'eau, les projets rendent indispensables l'addition des compétences et le rassemblement des énergies. »


Hautes-Pyrénées. Pour le Gers, ce défi passera certes par des installations internes, mais aussi par des collaborations extérieures. En particulier dans les Hautes-Pyrénées où deux nouveaux barrages également destinés à l'approvisionnement des rivières gersoises sont en cours d'étude. Le premier, celui du Gabas, devrait être terminé à la fin de l'année. Il s'agit d'une retenue de 27 mètres de haut dont la capacité de stockage avoisinera les 20 millions de mètres cubes d'eau. Un ouvrage qui alimentera le bassin de l'Adour. Le second projet est, lui, encore au stade virtuel. Ancré à Magnoac, il devrait permettre de récupérer près de cinq millions de mètres cubes d'eau supplémentaires. Dans le meilleur des cas, les travaux pourraient commencer début 2005.
Que la gestion de l'eau soit devenue une priorité ne souffre donc aucun doute. Ce qui n'avait rien d'une évidence il y a encore quelques années. Pour mémoire la construction du barrage du Lizet alimentait les conversations depuis près de... quarante ans. Une époque aujourd'hui révolue.
 
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